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pour l'adaption aux changements climatiques

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Rubrique «l’invité» : Promouvoir l’échange de connaissances pour une meilleure adaptation

jnnam | 2012-01-31 11:37

Par Andrea Rudiger, TECA (FAO)

L’adaptation réussie des petits producteurs au changement climatique ne tient pas seulement à une question de conception de nouvelles technologies d’adaptation, mais elle repose sur le fait de leur en donner l’accès. Le fait de jeter un pont entre les agriculteurs, les services de vulgarisation, le secteur privé, les instituts de recherche, les organisations non gouvernementales et la promotion des échanges entre ces acteurs sont essentiels tant pour l’adoption renforcée des technologies existantes que pour signaler la demande de nouvelles technologies. 

TECA – un outil pour l’échange des connaissances sur les technologies appliquées et les pratiques
Technologies et pratiques pour les petits producteurs agricoles, TECA (http://teca.fao.org/) est une plateforme en ligne visant à faciliter ce type d’échange de connaissances. TECA est une initiative de la FAO qui offre un système d’information visant à documenter et  à partager les technologies appliquées et les pratiques en matière d’agriculture, d’apiculture, de pêche, de gestion des ressources naturelles, de mécanisation agricole, de manutention et de commercialisation post-récolte. Elle offre également différents outils de communication liés à l’Internet tels que les groupes d’échange ou les forums.

Dans les forums de TECA, tels que le Groupe d’échange de l’Ouganda, les utilisateurs sont tenus au courant des nouvelles et des événements à venir dans leur domaine d’intérêt thématique et ils participent à des débats dirigés sur les questions d’actualité brûlante les concernant. De cette façon, les informations et les conseils pertinents atteignent les personnes travaillant sur le terrain et, à terme, les petits producteurs ; ce qui permet à ces derniers de mieux s’adapter.

Promouvoir l’adoption de variétés de semences améliorées grâce au Groupe d’échange de TECA en Ouganda

L’utilisation de variétés de semences à maturation rapide et à haut rendement peut aider les agriculteurs à s’adapter aux conditions météorologiques changeantes, aux précipitations de plus brève durée et plus imprévisibles. Si des variétés adaptées aux conditions locales ont été conçues par les instituts de recherche dans nombre de pays africains, leur multiplication et leur diffusion auprès des agriculteurs demeurent insuffisantes. L’année dernière, cette question a été un sujet récurrent dans les discussions du Groupe d’échange de l’Ouganda.

En Ouganda, l’on s’attend à ce que les nouvelles variétés de semences mises au point par l’Organisation nationale de recherches agronomiques (NARO), soient multipliées et diffusées par le truchement des sociétés de commercialisation des semences, c'est-à-dire le marché officiel de semences. Toutefois, les agronomes ougandais estiment que 95 % des semences sont fournies par le biais de circuits informels et qu’il ne faut pas s’attendre à un changement de ce pourcentage au cours de la prochaine décennie.

Lors d’une discussion du Groupe d’échange de TECA en Ouganda, il a été mené une analyse détaillée de la situation d’où il s’est dégagé la vision en faveur d’une nouvelle approche, combinant les circuits officiels et non officiels d’approvisionnement en semences. À travers cette approche, des systèmes informels durables de commercialisation de semences de soja pourraient déjà être implantés dans six districts pilotes en Ouganda.

Cette discussion a été initiée par la directrice d’une ONG locale, rendue perplexe par le constat qu’elle a fait de taux faibles d’adoption de variétés de semences améliorées dans la partie Est de l’Ouganda. Elle a reçu des informations détaillées relatives aux districts pilotes à succès essentiellement dans la partie septentrionale du pays, et a noué des contacts avec un spécialiste en systèmes de commercialisation de semences, qui a partagé son expertise avec elle. À travers la base de connaissances de TECA, elle a également eu accès à un éventail de contributions sur les méthodes participatives en matière de sélection de variétés appliquées, par exemple, en Tanzanie, dans le cadre d’un projet financé par le Ministère britannique du développement international (DFID).

L’échange de connaissances à travers TECA requiert des engagements

L’exemple ci-dessus montre comment le partage d’informations et les bonnes pratiques peuvent promouvoir une intervention et une politique s’appuyant sur les connaissances pour améliorer les moyens de subsistance des petits producteurs. Toutefois, l’exemple montre aussi les défis auxquels TECA fait face ; le suivi et l’engagement dans des discussions en tant qu’utilisateur de TECA ou le téléchargement des technologies et pratiques en tant que partenaire de TECA requiert du temps et des ressources humaines. L’engagement en faveur de TECA dépend, donc, essentiellement de la compréhension du fait que l’échange de connaissances est une condition préalable à l’application réussie des technologies existantes et au développement de meilleures technologies.

Pour avoir accès au Groupe d’échange de l’Ouganda, adhérez gratuitement en vous inscrivant sur le site Web de TECA.

Écoutez les expériences du Groupe d’échange de l’Ouganda relatives à l’utilisation de TECA .

Contact :
Andrea Rudiger et l’équipe de TECA
Bureau de l’échange, de la recherche et de la vulgarisation des connaissances (OEKR)
Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO)
E-mail : teca@fao.org