Le Partage des Connaissances
pour l'adaption aux changements climatiques

Burkina Faso : Campagne nationale de reforestation 2011

Organisation Associé: Réseau Femmes en Action Burkina Faso

La campagne nationale de reforestation 2011 lancée en juillet 2011 au Burkina Faso traduit la volonté des acteurs-trices de développement à s'engager dans la restauration et la préservation du couvert végétal. Elle se tient au moment où l'Assemblée Générale des Nations Unies, après une année consacrée à la biodiversité en 2010 et devant l'importance de la déforestation dans le monde a proclamé 2011, année internationale des forêts sous le thème « Des forêts pour les peuples ».

Thèmes: Foresterie, Pauvreté et vulnérabilité

Régions: L'Afrique de l'Ouest

Pays: Burkina Faso

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Résumé:

Une opportunité de sensibiliser le public à l’importante contribution des forêts dans le monde et mettre en relief les défis auxquels sont confrontés bon nombre des forêts du monde et les populations qui en dépendent.

Au Burkina Faso les forêts sont un symbole pour nos populations. Un symbole aux dimensions spirituelles, esthétiques et culturelles qui, à bien des égards, n'a pas de prix. Elles sont également la pierre angulaire de nos économies et leur valeur réelle a été très souvent ignorée.

Chaque année le pays s’investit considérablement dans les actions de reboisement. Collectivités territoriales, partenaires techniques et financiers, opérateurs privés et structures étatiques œuvrent collégialement dans une dynamique de préservation et de réhabilitation des forêts.

 

Bilan de la campagne écoulée :

Au cours de la campagne de reforestation 2010 écoulée, les actions suivantes ont été réalisées :

-        Un début d’application du cadre directeur pour l’organisation des campagnes de reboisement au Burkina Faso élaboré et diffusé par le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable ;

-       L’appui aux structures déconcentrées pour assurer un suivi de proximité des réalisations ;

-       Le développement du partenariat avec des entreprises éco-citoyennes exerçant au Burkina Faso ;

-       Le renforcement des reboisements collectifs dans des sites permanents définis par les collectivités locales ;

-       L’organisation des reboisements par les institutions publiques (Gouvernement, Assemblée Nationale), les Corps militaires, paramilitaires, les organisations de la Société Civile du Burkina Faso ;

-       Plus de 10 millions de plants ont été  mis en terre avec un taux de réussite moyen évalué à 55% courant le mois de juin 2011.

 

Les faiblesses et les insuffisances de la campagne écoulée:

-       Le faible niveau d’organisation de la profession de pépiniériste privé qui s’exerce de façon informelle, temporaire et occasionnelle. Cette situation entraîne l’utilisation d’intrants inappropriés dans la production des plants;

-       L’insuffisance de moyens matériels et financiers pour assurer l’encadrement des acteurs et le suivi des réalisations au niveau local ;

-       L’absence de dispositifs de protection des plantations contre la divagation des animaux, les feux de brousse et les attaques parasitaires d’où les faibles taux de survie et réussite enregistrés ;

-       L’insuffisance des connaissances techniques des acteurs en matière de production, de plantation et d’entretien des plants.

 

Le thème de la campagne nationale de reforestation 2011 :

 « Accroître la couverture forestière pour faire face au changement climatique » est le thème retenu cette année pour la campagne nationale de reforestation. Il traduit l’étroite relation qui existe entre les forêts et les changements climatiques notamment dans la séquestration du carbone. C’est un thème fédérateur qui s’inscrit dans une logique de responsabilité accrue et surtout d’actions collectives et individuelles des acteurs. Au cours de l'année 2011, les acteurs et actrices sont invités à prendre toutes les initiatives pour mobiliser davantage les efforts autour d'activités liées à la forêt afin d’assurer une campagne de reforestation réussie. Cette mobilisation qu’elle soit nationale, régionale, individuelle ou collective permettra de sensibiliser le public sur le rôle central des forêts dans la construction d'un avenir plus vert, plus équitable et plus durable. C’est une démarche indispensable pour les générations présentes et futures.

Lutter contre la dégradation des aires classées :

Au Burkina Faso on assiste progressivement à la dégradation des aires classées du pays. En dépit de la couverture peu satisfaisante du territoire national par les forêts classées, il ressort des constats que ce patrimoine national est gravement menacé en raison de diverses formes de pressions anthropiques dont il fait l’objet. Parmi celles – ci, la pratique des cultures représente de loin, le principal facteur d’anthropisation des forêts classées. En effet, près de 60 % des aires classées du Burkina Faso  sont sujets d'exploitations agricoles à des degrés divers.

La forêt de Wayen (située au bord du fleuve nakambé à près de 70 km de Ouagadougou)  n’est pas en reste et est dégradée à hauteur de 55% avec une moyenne de 300 habitants qui y vivent.  Classée par le colonisateur dans le but de protéger le cours d’eau du Nakambé, cette forêt a toutefois contribuée au ravitaillement de la ville de Ouagadougou en bois de chauffe et en bois de service à l’issue de son aménagement autour des années 1978. D’où l’importance de travailler à sa réhabilitation en vue de pérenniser les biens et services offerts quotidiennement aux populations.

 

Une nécessité d’améliorer le taux  de succès des reboisements :

Dans le souci d’améliorer le taux de succès des reboisements, les efforts sont orientés de plus en plus vers des sites permanents et contrôlés pour la réalisation des reboisements collectifs. La scarification à la Charrue Delphino de100 hectares de terres dégradées dans cette forêt de Wayen par exemple participe de cette démarche de reboisement au titre de cette campagne 2011 au Burkina Faso. L’option de concentrer les efforts et les moyens très souvent limités vers des sites choisis par les responsables locaux pour conduire les actions de reforestation collectives pourrait augmenter les chances de survie des plants mis en terre.

 

La nécessaire implication de tous les acteurs

 

Le défi permanent est de rendre ces reboisements plus performants avec un maximum de taux de réussite des plants mis en terre et tous les acteurs (politiques, administratives, coutumières et religieuses, les chefs de ménages et à toute la communauté nationale opérateurs économiques, entreprises privées, société civile,)  œuvrant directement ou indirectement dans le domaine des ressources naturelles, ou simplement amoureux de la nature doivent s’impliquer et prendre part activement au processus. Leur  engagement et détermination à accompagner le processus permettra aux populations pour relever les défis environnementaux par une meilleure protection des plants  notamment contre la divagation des animaux. Tout le monde est donc appelé à s’investir pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine naturelle en vue de consolider l’espoir d’un développement durable pour tous.